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Nous avons vu que le Cortex est la partie de notre cerveau que l’on appelle aussi « cerveau cognitif ». Une cognition étant une pensée, le cortex contrôle donc la pensée, mais aussi le langage, l'abstraction, le raisonnement. Le cortex préfrontal contrôle l'attention, la concentration, la planification, l'inhibition sociale et tout ce qui a attrait avec la notion de morale, de respect... Toutefois le cerveau cognitif aura une influence limitée sur le cerveau émotionnel.

Le cerveau cognitif et le cerveau émotionnel perçoivent l'information provenant du monde extérieur pratiquement en même temps. Ils peuvent alors coopérer ou se disputer le contrôle de la pensée, des émotions et du comportement. Toute forme de compétions entre le cerveau cognitif et le cerveau émotionnel va être ressenti comme un mal être. Par contre, lorsque les deux cerveaux se complètent, l'un pour donner un sens à ce que nous vivons (cerveau émotionnel), l'autre pour avancer de la manière la plus intelligente qui soit (cerveau cognitif), nous ressentons une harmonie intérieure, un véritable bien être.

Le cerveau cognitif contrôle nos émotions avant qu'elles deviennent disproportionnées. Une étude par imagerie fonctionnelle montre que, lorsque nous regardons des images pénibles, notre cerveau émotionnel réagit immédiatement. Toutefois, si on fait l'effort de se raisonner, ce sont les régions corticales que l'on voit prendre le dessus; elles vont inhiber le cerveau émotionnel.

Dans certains cas problématiques, le cerveau cognitif étouffe littéralement le cerveau émotionnel, rendant la personne insensible; elle n'est plus réceptive aux signaux d'urgence envoyés par le cerveau émotionnel. Malheureusement, ce n'est pas parce qu'on se rend aveugle à une détresse que celle-ci n'existe pas. Les personnes vont alors présenter différents symptômes bien connus en lien avec les maladies liées au stress: fatigue excessive, anxiété, tachycardie, hypertension, troubles digestifs, infections à répétition, infertilité, problème de peau...

Comme nous le savons maintenant, le fonctionnement notre système nerveux central est orienté vers différents types d'actions que nous appelons comportements. Certaines expériences ont permis de mettre en lumière trois réactions face à une souffrance vécue et imaginée: la fuite, la lutte et l'hinibition de l'action.

L’inhibition de l’action fait que, nous pouvons vivre dans l’attente d’un évènement douloureux, c’est ce que nous appelons aussi l’anxiété et le stress.

Sur le plan humain et journalier, cette observation amène à constater que l'inhibition de l'action est le résultat de la non-possibilité pour un individu de contrôler son environnement au mieux de son plaisir, de son équilibre biologique et de son bien-être. Face à son incapacité à être efficace, il n'a plus qu'une solution : abandonner.

C’est ce que certains appelleront le fatalisme, alors que nous savons maintenant que nous avons tous la possibilité de faire des choix (1 ou 2)

Mais il y a également la peur qui nous fait avoir des comportements totalement différents chez les uns que chez les autres

En effet, lorsque nous sommes placés en absence complète d'information, le plus souvent nous imaginons une situation difficile voire douloureuse, pour éventuellement être prêts à l'éviter. Généralement, nos comportements sont plus tournés vers l'évitement de la douleur que vers la recherche du plaisir.

Ce point est particulièrement mis en lumière par l'observation des personnes ayant subi un traumatisme psychologique (guerre, accidentées de la route, victime d’un attentat…) Après le traumatisme, toute la vie de ces personnes est consciemment ou inconsciemment rythmée par le souvenir de l'expérience traumatisante. Nous avons beau leur dire que depuis cet évènement, ils ont réalisé de nombreuses choses telles que être parents, avoir changé de vie, exercer une autre profession, tout cela n'a pas d'importance pour eux, car leur existence entière s'est réduite au traumatisme. Ceux qui ont conscience décrivent les scènes avec une précision que l'on ne rencontre jamais même dans les expériences qui ont procurées un incommensurable plaisir.

Notre cerveau est plus fait pour éviter les expériences douloureuses, ce qui suppose de s'en souvenir, que pour rechercher des situations plaisantes. Nous pensons que ce constat permet de comprendre mieux les attitudes de repli dont nous avons parlé ci-dessus (inhibition de l’action), la force de l'habitude, de la répétition même seulement partiellement efficace dont nous sommes coutumiers.

Il permet également de comprendre pourquoi la peur de ce qui va advenir est ce qui oriente le plus sûrement les comportements de la plupart d'entre nous.
Bien que les peurs soient nombreuses et variées, la peur la plus sûrement partagée est la peur de l'atteinte à l'intégrité de notre personne dont le point culminant est la mort.

En thérapies cognitivo-comportementales (TCC), nous apprenons que face à une situation ou un évènement quel qu’il soit fait, qu’automatiquement des pensées (cognitions) viennent à nous par le biais de notre cerveau, et ces dernières provoques très souvent des émotions et c’est tout cet ensemble qui fait que cela entraine de notre part tel ou tel comportement ; face à nous même, certes, mais surtout face aux autres