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La colère est une réaction naturelle et saine devant la frustration

En général, nous n’avons pas tendance à exprimer notre colère de manière saine. Nous l’exprimons de manière inappropriée et excessive, extrême, mais c’est une émotion naturelle qui joue un rôle aussi important que l’amour dans nos relations avec les autres. Très souvent elle est interprétée comme une mise à distance de l’autre, alors qu’en fait elle exprime très souvent un besoin, une demande à l’autre en vue de rétablir un équilibre.

Bien des gens pensent et disent que la colère est une émotion, un sentiment négatif et destructeur, je dirai que tout dépend comment elle est utilisée et pourquoi… car très souvent les gens assimilent la colère à la violence alors que la colère peut être une émotion positive et favorable à la construction de chacun de nous.

Par exemple lorsqu’un jeune enfant se met en colère c’est parce qu’il ne peut avoir quelque chose. Cette réaction peut-être alors interprétée comme un « caprice », mais en fait, c’est son seul moyen d’expression pour manifester un besoin, une demande. Son émotion (la colère), lui permet de se construire et d’accepter sa frustration.

La Colère permet de nous identifier

D’où vient cette colère ? Il existe de nombreuses théories sur ce sujet. La première affirme que la colère est une conséquence des émotions négatives ou douloureuses.

Cependant bien que parfois elle puisse avoir des conséquences néfastes sur l’individu, la colère est une émotion importante et bienfondée, qui peut avoir des côtés positifs, car elle contribue à notre identification et à notre auto-défense. Elle sert aussi à la confrontation d’une injustice, c’est une réaction face à une invasion, c’est une protestation contre ce que nous ne voulons pas tolérer.

La colère est au service de l’identité, elle permet de défendre notre territoire, notre corps, nos opinions, nos valeurs et notre intégrité. Elle donne la force de s’affirmer, de dire NON, de se sentir soi.

Certaines personnes qui ne savent pas exprimer leur colère se sentent souvent victimes et impuissantes dans la vie. Exprimer sa colère d’une manière mesurée et sans dépasser certaines limites est nécessaire, pour se faire entendre, se faire respecter et faire face à la frustration sans être détruit par la souffrance du manque et des attentes qui ne viennent pas. De cette forme elle permet très souvent de rétablir l’harmonie dans les relations. Des études montrent que les enfants qui expriment correctement leur colère ont moins de problèmes émotionnels et sociaux un fois adultes.

C’est le fait de ne pas savoir gérer sa colère et de ne pas savoir la canaliser, qui peut nous faire basculer dans la violence. La violence est très différente de la colère, car en fait elle en est l’opposé.

« La colère ne parle que de moi et de mes besoins qui ne sont pas toujours entendus. La violence parle de l’autre, elle accuse, cherche à blesser et parfois même à détruire. Je ressens un besoin, je l’exprime et je n’obtiens pas satisfaction, je ressens alors un grand vide à l’intérieur, c’est ce que nous appelons la frustration, des attentes qui ne viennent pas… Il me manque quelque chose et je suis très mal.

Quand ce malaise devient trop important, je commence à avoir peur qu’il ne me détruise. Je fais alors remarquer à l’autre ma sensation et je l’accuse. La violence est en fait le résultat du refoulement de la colère, de cette incapacité à tolérer en soi une charge affective trop forte, une accumulation de sentiment d’impuissance, mais aussi de peur, de ce sentiment de ne pas être entendu, d’être prise pour un imbécile et par conséquent, de ne pas être respecté ».

Il y a donc deux sortes de colères, les colères dites saines, car elles sont non violentes, structurantes et, les colères dites malsaines car déplacées, excessives, violentes, destructrices.

Les premières sont à écouter, les secondes à décoder, mais toutes sont à respecter, car elles signalent un besoin.