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La violence au sein du couple ( il en va de même sur un enfant...)

"Un mot qui vient bien, ça peut tuer ou humilier sans qu'on se salisse les mains.
Une des grandes joies de la vie pour certains, c'est d'humilier ses semblables.
"

Pierre DESPROGES

La violence est un enjeu de santé publique mais elle est paradoxalement peu repérée par les professionnels de santé. En effet elle se cache, elle se dénie et par conséquent il est très difficile de la traiter. Ce problème de santé mentale extrêmement destructeur est rarement débattu.

La violence dans le couple a toujours existé. Il s’agit avant tout d’une maltraitance qui se produit dans l’intimité d’une relation de couple, quand l’un des partenaires, quel que soit son sexe, essaie d’imposer son pouvoir par la force. Même si certaines choses semblent évoluer, dans ce domaine rien n’a changé. Tous les jours se perpétuent des actes d’une extrême violence sur des sujets les plus vulnérables : les femmes et les enfants. Mais il faut savoir que certains hommes sont également victimes de la violence de leurs conjoints.

Que ce soit dans les couples hétéro ou homosexuels, dans des familles de notables ou celles de milieux défavorisés, il existe des individus violents. Nous devons être très attentifs à ce qui se passe autour de nous et alerter les services compétents. La violence n’est pas qu’une histoire banale et privée qui ne nous regarde pas, ou bien encore, qui consiste à une simple réaction défensive et isolée répondant à une agression.

Dans toute relation, et à plus forte raison dans une relation amoureuse, il y a de l’ambivalence et de l’agressivité qui se vivent à travers des conflits ou des affrontements. Il s’agit malgré tout d’un phénomène positif, car, quand on n’est pas d’accord avec quelqu’un, argumenter, même de façon véhémente, est une façon de reconnaître l’autre, de tenir compte de sa réalité. Dans la violence, au contraire, l’autre est empêché de s’exprimer, il n’y a pas de dialogue. Il est nié dans son intégrité. L’enjeu est tout à fait différent : il est de dominer, écraser, inhiber et soumettre l’autre de manière radicale !

Dans la maltraitance conjugale, les attaques psychologiques sont les plus dangereuses ; elles font tout aussi mal que les agressions physiques et ont des conséquences plus graves, toutes les victimes le disent. Il existe certaines formes de violences, où le conjoint, sans porter le moindre coup, réussit purement et simplement à détruire l’autre.

On différencie ainsi une violence réactionnelle de celle qui est « actionnelle ».

Malheureusement certains actes ne sont pas condamnables sur le plan juridique, mais sont néanmoins destructeurs sur le plan psychologique et une grande violence peut se dissimuler sous une apparence de bienveillance.

Le processus d’emprise qui paralysent les victimes, les empêchent de quitter un conjoint violent, les amènent à tolérer l’intolérable, car très souvent elles sont l’objet d’un individu manipulateur, qui leur fait penser que tout ce qui leur arrive est de leur faute ; c’est ainsi qu’elles se font piéger ! ( certains de ces paragraphes ont été inspirés du livre de MF Hirigoyen « Femmes sous emprise ).

La personne sous emprise n'est plus maîtresse de ses pensées, elle est littéralement envahie par le comportement et le mode de pensée de son conjoint, et n'a plus d'espace mental à elle. Elle est paralysée, aucun changement ne peut se faire spontanément de l'intérieur ; il faut une aide extérieure pour mettre fin à l'emprise et c'est ce à quoi sert le travail psychothérapeutique.

Une thérapie devra permettre à la victime de se dégager de cette relation aliénante, afin de retrouver son existence propre. On ne peut aider ces gens si on ne prend pas en compte qu'ils sont sous influence et que ce processus reste longtemps actif. Les paroles de l'agresseur ont été intériorisées et continuent à s'opposer au travail de libération.

Elle aidera la victime à verbaliser, comprendre ce qui lui est arrivé et réagir pour se sortir de cette situation, car la meilleure façon de se protéger, c'est de comprendre. L’emprise cessera lorsque la victime réalisera que, si elle ne cède pas, l’autre n’a plus aucun pouvoir…

« Le monde est dangereux à vivre, non à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »

Albert Einstein